L'aller s'est plutot bien passé, jai fait un timing en plein dans la moyenne. 2o minutes. Jvoyais le soleil qui commencait a decliner et le nombre de voitures a diminuer. La musique m'entrainait de temps en temps a accelerer le pas, comme d'habitude. Quand ca a senti le cramé, j'ai cru regardé le monceau de cadavres au milieu de la chaussée, entourée de très jeunes blondinettes qui priaient. Je voyais des mains de zombies depasser des voitures garées, des têtes décapitées dans l'herbe, bref normal.
Je suis donc arrivée au bout de mon trajet et jai tourné à la Pièce d'eau des Suisses, j'comptais marreter pour souffler mais la marche me convenait pour recuperer. Sur le chamin du retour, jai croisé aucun de ces 2-3 fous qui courent ou qui marchent sans trop savoir jusqu'ou ni pourquoi. Jusque là, jai vu un velo sur le trottoir d'en face.
Une petite silouhette noire etait discernable quand jai relevé la tete. Ce velo traine trop pour etre un velo, la silouhette est une personne a pied, qui avance tranquillement. Yavait trois bagnoles alignées à un feu rouge et jai voulu les defier mais elles m'ont semblé toutes les trois vides. Pas tres agreable de se sentir vraiment delirer.
Javais plein de tresses lissées devant le visage et je regardais cette silouhette sans la laisser penser que je la scrutait. Alors, jtournais ma tête à gauche, je la baissais, ou je regardais la route, mais mon regard ne faisait que surveiller ce bonhomme. Jvoyais de loin qu'il avait le menton legerement pointé vers le ciel, ce qui fait que, sans nous connaitre, j'etais dejà en position d'inferiorité. Cette avancée vers lui me paraissait trop longue : jvoulais etre soulagée, et que ca finisse, et quelque part trop courte car je voulais pas vraiment arriver à sa hauteur et le croiser. Quand on se discernait plutot pas mal, jai legerement balayé mes cheveux autour de mes yeux, juste pour paraitre normale et ne pas lui rappeler The Ring. On voyait distinctement la direction de nos regards, alors jai cessé mon petit jonglage entre le decor et lui. Ce gars-là etait beau mais là, javais pas envie de baiser.
On s'est vu, on se voit plus. Il m'a pas dit bonsoir, il a pas été insistant du regard au niveau du croisement. Jai marché 2-3 minutes tranquille, soulagée. Puis j'ai eu ce sentiment magique qu'on a lorsque l'on se sent epié. Sans savoir dou ca vient, on sent que quelqu'un observe. Ben, bien que la direction du vent allait dans le sens de mes cils, et que je ne pouvais par consequent ne recevoir aucune odeur de l'arriere, et bien que le soleil ne m'indiquait rien d'utile avec les ombres qu'il creait, javais cette fameuse impression d'être suivir. On m'a frolé la main et jai a peine eu le temps de me rassurer en trouvant le bourdon qui mavait fait sursauter que l'on m'a saisi le poignet avec force. La main sest tant refermée sur mon os et ce qui l'entourait que jai eu limpression den avoir le coeur touché. Ce con m'a coupé un nerf? On m'a gentiment rattrapé l'autre main au moment ou je la sortais de ma poche pour desserer l'autre coté, et les deux mains se sont fait unir dans le dos pour etre soudées grace à une seule poigne. Il semblait que rien qu'avec son pouce, il me mattait mes deux mains. Là, ce netait plus un simple menton relevé trop haut : là, il avait une main , je nen avais pas, il avait un but, jetais
seulement sous lemprise dun dejanté. Je msentais comme ces vers que je prends garde de ne pas ecraser quand je cours : un long corps mais aucune defense. Il m'a chuchoté à voix haute que ca le derangeait que les gens des voitures me voient nue alors quil fallait quon se decale dans les herbes a gauche. C'est là qu'il a commis sa plus grosse erreur je crois : il m'a laché les mains une seconde, le temps de me tourner le visage vers le sien puis il les a rattrpé et serrer comme tout à lheure. Jetais encore trop surprise pour me rendre compte de quoique ce soit, et je navais ni pensé a me defendre, ni a mechapper. mais cette sorte d'opportunité qu'il m'a laissée ici et que je nai pas saisir m'a reveillé mentalement. Il etait clair que, si le cas se representait, je naurais pas peur de me faire mal, et surtout pas peur de lui faire mal. Jm'etais imaginé tant de choses sur ce que lui pourrait me faire, et on dirait pas comme ça, mais, j'en ai, de l'imagination. Je navais plus peur de la mort non plus : je lavais acceptée car je savait pas sil comptait me tuer. Mais cetait faux. javais peur de la mort, jai toujours eu peur de la mort, et jaurais toujours peur de la mort.
Nos deux corps etaient dans le meme sens que la route et il a relaché la pression depuis qu'il a compris que jetais encore surprise et que, malgré mon air mechant, je netais pas tres offensive. Jai vraiment attendu le sommum de sa relache, juqte avant quil spaercoive qu'il s'est trop detendu et qu'il est temps de resserer la visse. Jai lentement ramené mes mains vers ma tete, et, entre les doux mouvements de violence saccadée, il a du penser qu'ils faisaient partie de l'etreinte.
Je lui ai enfoncé mes pouces dans les deux yeux, sans attendre qu'l les ferme. Les globes oculaires commencaient a aller vers le cerveau et il a hurlé. Je ne sais pas ce qu'il faisait avec ses mains, jai echangé nos deux positions, ce qui fait que je pouvais maintenant souhaiter enfoncer sa tete dans la terre. Jai fait glisser mes index vers les yeux - vers ce qui restait d'eux - car mes pouces etaient desormais trop courts pour créer de linedit. Les index me permetterent denfoncer serieusement les yeux vers le fond du crane mais pas assez encore. Jai un peu regretté de ne pas avoir pris mes clés, car d'habitude, je les prends toujours, toujours! Mais finalement, cetait mieux, ca maurait gonflé de devoir les laver. Qui sait elles seraient peut etre rester comme ca pendant six mois? Ce soir, jen aurais mis partout autour dla serrure, car, si javais sonné, maman aurait trouvé ca bizarre sachant que javais pris mes clefs. Au moins, elle est prevenue aujourdhui, je sonnerai a linterfone.

